Comme l’évoquait déjà Michel SERRES en 2007, il est impossible et totalement inutile de compiler l’ensemble des informations qui nous parviennent tant leur flux est important. Nous entrons dans une ère de changement majeur, où le défi n’est pas tant de savoir mais de pouvoir trouver rapidement la bonne information dont nous avons besoin afin de rester compétitif.
L’entreprise 2.0 permet de relever ce challenge.
Cependant elle ne peut émerger qu’en entrainant des mutations profondes et implique un changement de paradigme. La vision taylorienne où chacun est payé pour exécuter est encore trop présente.
Penser, être créatif, participer à l’avenir de l’Entreprise est encore trop souvent considéré par certaines Directions comme une perte de temps. Si dans une société industrielle et commerciale, il apparaissait simple, logique, de diviser, morceler pour mieux produire et mieux vendre, la performance de demain ne peut être obtenue que si l’Entreprise parvient à innover pour se différencier.
Or l’innovation se nourrit d’échanges, de partages, de réflexions, de confrontations d’idées. Il semble donc, dès lors impossible de continuer à diviser les problèmes, chacun travaillant dans son coin. Favoriser la circulation des idées, stimuler les interactions, mettre en réseau, faire coopérer les intelligences individuelles sont des facteurs indispensables dans une économie du savoir.
« L’intelligence humaine dépend de connexions neuronales. L’ intelligence organisationnelle, quant à elle, dépend de connexions interpersonnelles. » Cette phrase de Richard McDermott explique bien le challenge que l’Entreprise doit relever si elle veut assurer sa pérennité.
L’Entreprise doit donc mobiliser et mettre en œuvre l’Intelligence Collective.
C’est une opération complexe, longue ; partager son savoir, aider les autres à réussir, ne s’imposent pas, ne se décrètent pas. Les managers ont un rôle essentiel à jouer pour susciter l’adhésion en passant d’une posture « contrôlante » à celle de « facilitateur des coopérations ».
Ce n’est qu’à cette condition, que l’Entreprise Intelligente émergera.
2 commentaires
Commentaire par Spire le 15 février 2012 à 17 h 55 min
En vous lisant, l’image des fourmis s’est imposée. Cependant je vous accorde que ce parallèle ne reflète pas une réalité. Car les fourmis n’ont pas d’intelligence.
Pourtant, l’action de chacune d’entre-elles, grain de terre après grain, permet à ses insectes de bâtir des montagnes (toutes proportions gardées bien-sûr)
Voici ce que nous pouvons lire sur un Wiki, définissant deux termes proches du concept que vous évoquez : l’intelligence distribuée et l’intelligence en essaim.
L’intelligence distribuée :
L’intelligence distribuée désigne la mise en commun de la capacité de raisonnement de plusieurs individus afin d’atteindre un but qu’il est impossible ou plus difficile de résoudre sans cette coopération.
Le cas le plus flagrant est la colonie de fourmis. Lorsqu’un objet (une pierre, par exemple) apparaît sur le chemin habituel d’une colonie de fourmis, ses individus doivent trouver le moyen le plus simple (et souvent le plus rapide) de contourner ce nouvel obstacle. Les fourmis n’ont ni l’intelligence, ni la taille nécessaire pour savoir s’il vaut mieux passer à droite ou à gauche. Les premières fourmis choisissent alors un côté au hasard. Lorsque ces fourmis arrivent de l’autre côté, les fourmis venant d’en face trouvent statistiquement plus de fourmis venant du côté le plus court (le temps de trajet étant moins long), et grâce à un marqueur odorant, choisissent ce chemin.
L’intelligence en essaim :
Dans un réseau ambiant, les processeurs et leurs logiciels se diffusent dans les objets au-delà de la notion conventionnelle de nos ordinateurs actuels. Ces objets potentiellement minuscules, devront être capables d’exploiter de grandes quantités de données, peu structurées et tout cela dans un contexte de connexions de moins en moins figées -hyper-mobilité oblige- voire peu sûres.
Commentaire par Laurent le 16 février 2012 à 8 h 31 min
Merci François pour ces commentaires, même si l’analogie avec les insectes n’est pas très valorisante pour nous « humains ».
Par ailleurs l’intervention de la fourmi ne semble s’inscrire que dans une ACTION collective alors que l’article de Cécile aborde l’intelligence (au sens REFLEXION) collective.
En saisissant un commentaire vous autorisez iDeMa à utiliser vos mots, noms, liens web sans aucune restriction. Les commentaires inappropriés ou offensants seront enlevés à la discrétion de l'administrateur. Votre email n'est demandé qu'à des fins de vérification, il ne sera jamais dévoilé à des tiers ou utilisé à des fins commerciales.